Poèmes et textes

Atelier d’Ecriture de Chambéry

Voici quelques poèmes écrits au fil des séances depuis quelques années,

PANDEMIE

Hiv, cancer, grippe, tout cela fait peur à juste titre, mais la pandémie la plus répandue au monde est une gourgandine impie qu’il est difficile d’excommunier. Elle n’est pas une fatalité, juste une calamité qu’on peut éradiquer, il faut la supporter, le temps d’en divorcer et s’évader.

Pour cela, il faut de la force, de l’envie, du désir, et surtout, rester toujours éveillé, car cette petite vicieuse endort les volontés et vous entraîne dans une nuit désincarnée, au bout de laquelle elle salit dans le regard de votre miroir et dans le regard des autres le visage de votre humanité.

Elle fait germer le démon du rejet dans les pauvres cervelles formatées, mais heureusement, fleurir la compassion dans les cœurs que l’écoute n’a pas désertée. Cette menteuse tente toujours de vous piéger, de vous faire perdre ce que rien ni personne ne peut vous enlever si vous êtes assez fort et serein pour la conserver, votre bonne vieille amie dignité.

Cette pandémie a de curieux effets. Dans les zones de contamination les plus sinistrées, elle produit un torrent de solidarité donnant naissance à une grande tribu qui se lève et marche pour l’affronter. Par contre, dans les zones de contamination les mieux armées, elle divise, exclut, rabaisse.

Quand on en guérit, on a appris qu’il n’y a pas d’abri, que la vie n’est que dans le cœur de sa dignité, pas dans l’illusion de posséder, mais dans le plaisir d’offrir, de toujours le faire sans regrets, parce que tout ce qu’on prend n’est que prétentieuse futilité, parce que tout ce qu’on n’a pas su partager est dramatiquement perdu.

Elle unit, elle exclut ;  partout les non infectés, dans une malheureuse mahorité aveuglée, essaient de l’ignorer, de la cacher. Ils ont tort, qu’ils se méfient, personne n’est protégé face à cde virus affamé.

C’est la pandémie la plus répandue

Son nom est PAUVRETE.

                                                           Jacques CAUDERA

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EN PRISON

« En prison » n’est pas forcément être en prison.
La prison peut être un orphelinat, un foyer, un hôpital, les lois générales ou psychiatriques, ou encore une famille, ou encore la religion.
La prison peut être aussi le pouvoir d’achat et l’argent, un pensionnat, un appartement, une maison, un hôtel.
La prison peut appartenir à sa peau, à un physique ou à un langage ou bien encore à ses pensées, aux mots aussi, au climat ou aux éléments. A un piège.
La prison, c’est se sentir piégé, même dans une cage dorée d’oiseau, une volière, un vivarium, un aquarium.
Etre pris dans les mailles d’un filet. Un hameçon, un trou, une toile d’araignée.
On a mis mon esprit en prison, ainsi que mon physique. J’ai été piégée.
En prison, on y laisse toujours des plumes.
Alors pour me libérer, je mets les mots en prison sur une simple feuille de papier.

Olivia DUFOUR

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J’AI ENVIE

J’ai envie de partir,
Partir loin
Dans un coin très tranquille
Pour panser mes blessures
De réfléchir, d’étudier, d’écrire
Des petits mots ou de la poésie
Un livre ou … autre chose
De voyager
En montagne ou au bord de la mer
De respirer l’air frais et salé
D’écouter le chant de la rivière
Et dans cette paix immense
De me retrouver !
J’ai envie de voyager
Dans un autre monde,
Un monde antique
Comme l’Egypte
Devant les pyramides des pharaons
Trouver un trésor
Le trésor d’une ancienne culture
Encore vivante
Mais je suis ici à l’atelier d’écriture
En compagnie de mes nouveaux amis 
Avec qui, en ce splendide lundi
Je découvre la poésie
Que j’aime beaucoup
Et pour tout cela
Je vous dis
Un grand merci

Adina PANTEA

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ABYMES

En ce moment je me débat pour rester à la surface.
Pour trouver de l’oxygène et ne pas boire la tasse
Ne pas couler et au final laisser ma place…
Que j’aimerai tant être un poisson
Pour ne pas me noyer dans l’océan de mes émotions…
J’ai tellement peur de ces variations d’humeur
Qu’elles m’emportent vers d’autres profondeurs…
Heureusement je ne suis pas seul
Il n’est pas encore venu le temps
Où l’on me mettra dans mon linceul…

Cédric MARRE

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LE MARCHE DES MOTS
      

Oyez, oyez, oyez Braves Gens, bienvenue au marché des mots !

Vous trouverez ici votre bonheur. Il y en a pour tous les goûts, une fontaine de jouvence du verbe et de l’adjectif, une île au trésor des noms et pronoms. La sensualité de la virgule est honorée par un point élégant et discret dénué d’exclamation. Un jardin où est cultivée une ode subjective conjuguée au subjonctif, qui vous narre un passé composé devenu simple d’avoir oublié l’imparfait.

Certains y trouveront peut-être un fatras de vieilles rimes, un vide grenier de proverbes inusités, une mansarde de pensées désuètes, une auberge espagnole où l’on vous sert au dessert des vers de douze pieds, une urne funéraire où reposent pêle-mêle des croyances obsolètes et un patrimoine oublié.

En l’héritage de Rousseau, Zola, Voltaire, Rabelais, Montherlant, Camus, Dumas et tous les autres géants, que l’alphabet pardonne aux ignorants qui n’y verront que des agapes de pain rassis. Que la grammaire fasse que ceux qui rappent comme des zéros aient entendu au moins une fois le nom de Le Clézio.

Il est grand dommage en notre époque de porter au Panthéon les leçons d’analphabétisme où l’on a pour seule gloriole de violer vulgairement les verbes avoir et être. Il est bien triste qu’ainsi on sacralise, en faisant passer pour poésie, le vide de la bêtise ignorante.

Le temple du verbe devient en ce temps une stupide quincaillerie de grognements. Le passé simple est en solde, l’imparfait dans l’arrière-boutique et le subjonctif à la poubelle, dans ce présent de langue décomposée.

Venez au marché des mots où le vilain calife SMS ne sera jamais grand vizir à la place de la noble prose. Seule ici, y trouverez l’élégance d’un bon mot.

Le monde change, grand bien lui fasse quand il évolue. Il est triste quand il sombre dans la déshérence de nouveaux prophètes aussi vides que leur inculture est immense.

Venez au marché des mots où l’on se souvient du charme délicieux d’un « Veuillez agréer l’expression de mes remerciements » en lieu et place d’un insignifiant « slt merci ». Il ne s’agit pas de sombrer dans la mélancolie de la nostalgie mais de conjuguer au présent esthétisme, classe et raffinement.

Redonnons place de temps en temps à la symphonie du Verbe, en cette époque de boîtes à rythmes inaudibles, entre parenthèses.

Jacques CAUDERA

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ECRIRE

Ecrire, c’est pousser un cri, développer une idée, clamer haut et fort ses opinions
Ecrire, ça n’est pas forcément beau ni concis,
Mais c’est un message, c’est une angoisse qui nous envahit et qui s’amoncelle sur le papier.
Ecrire, c’’est éprouver le besoin de communiquer, de faire rire ou pleurer, parfois de faire réfléchir.
Ecrire, c’est aussi déranger, outrer, pousser dans des retranchements dérangeants
Quitter une route droite et calme pour emprunter des chemins tortueux, sinueux et brumeux
Ecrire, c’est l’Amour, c’est la poésie, c’est la beauté de la vie, c’est la Romance avec un R majuscule
C’est aussi une tempête noire, un volcan qui explose, une colère qui nous fait basculer dans des abymes insondables.
Ecrire, c’est aussi remercier, c’est savoir dire Pardon, se montrer généreux, être humble et savoir se poser des questions.
Qui, de Baudelaire, de voltaire, de Rousseau, Hugo, Epicure, Eugène Sue, Jules Vernes, suis-je le plus proche ?
Peut-être de tous, car, si mon écriture n’est qu’un brouillon parmi l’élite,
Mon brouillon a au moins le mérite d’exister !

                                                                                   Patrick PAN

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ARBRE

Arbre au tronc tourmenté,
Trapu, énorme et raviné,
Aux branches sans cesse agitées
En tous sens par le vent,
De moi, tu sembles différent
Mais comme on se ressemble pourtant !
Comme toi, ne suis-je pas ballottée
Par la vie et les évènements ?
Comme toi, lorsque tu geins
Sous la  poussée des éléments,
Mon cœur, lorsqu’il est trop plein,
Pleure bien souvent !
Arbre, mon frère,
Que faisons-nous sur cette terre ?
Nous luttons pour vivre,
Et pour rester libres,
Mais hélas, le temps
Nous entraîne, inexorablement…

Rose EMPEREUR

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OU VONT LES NUAGES ?

                                  

Peu m’importe où vont les nuages ! Ils sont pour moi un sujet magnifique à photographier. Je pourrais vous en faire admirer des dizaines, tous plus intéressants les uns que les autres.

Il y en a de toutes les couleurs :  les noirs, les plus rares dans notre belle région, qui bien que prometteurs de pluies diluviennes, attirent mon attention quand ils sont illuminés par des éclairs très difficiles à saisir car très fulgurants et combien regrettés par la photographe que je suis. Ces nuages provoquent aussi, parfois, une atmosphère étrange quand les rayons du soleil essaient de les transpercer ; le ciel est alors rouge et noir, comme hier soir. Ce peut être aussi, lorsque l’on regarde dans la direction d’un cours d’eau, un magnifique arc-en-ciel qui ressort d’autant plus que « le fond du tableau » est sombre. Oh merveille de la nature que j’ai eu la chance de voir aussi dans un cimetière, magnifiant une tombe. Mais hélas, ce jour-là, je n’avais pas mon instrument de capture avec moi.

Puis il y a les nuages blancs, très blancs, comme la neige, ou comme une crème chantilly que l’on voudrait déguster. Puis ceux qui changent de couleur lorsque le soleil les éclaire, et s’ils restent immobiles c’est toute une palette de nuances qui s’offre à nous, en quelques minutes. Les plus beaux pour moi sont ceux qui sont bordés d’un halo lumineux quand le soleil joue avec eux à cache-cache, à la tombée du jour.

Mais je ne veux pas oublier tous ceux qui me font rêver quand je prends le temps de les regarder plus longtemps même si parfois je les maudis car ils me cachent la montagne que je veux photographier. Ils se promènent lentement, ou plus rapidement, poussés par le vent, et surtout ils se transforment, parfois, en personnages ou animaux étranges, pressés de se transformer à nouveau pour se faire admirer ou pour développer l’imagination de la spectatrice que je suis.

Peu m’importe donc où vont ces nuages, je sais que demain, ou bien dans 2 jours, il y en aura de nouveaux dans le ciel, que je pourrai seulement admirer, ou bien photographier, mais ils ne m’ennuieront jamais.

Yolande JORAT

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MESSAGE D’ESPOIR                                                                   

Noire, je t’aime
Blanc, tu m’aimes
Mais si un jour on s’aime
De quelle couleur sera la graine ?

Je suis noir comme tu peux le voir
Dans mes gènes, qu’est-ce qui te gènes ?
Je suis génétiquement modifié
Car l’Amour nous a mélangé.

Tu es noire, je suis blanc
De quelle couleur seront nos enfants ?
Je suis blanc, tu es noire,
Auront-ils un jour un espoir
De pouvoir se marier sur ce grand échiquier 
Un roi blanc et une reine noire ?
Sans que les fous aux esprits cavaliers
De quelque couleur soient-ils
Ne leur causent le moindre déboire ?
Echec et mat.
Si le noir te fait peur
Ajoute lui dans les cheveux une fleur de couleur
Si un jour le docteur lui ouvre le cœur
Je suis sûr qu’il trouvera la couleur du bonheur
Si un jour je meurs, je lui donnerai mon cœur
Et ceci qu’il soit black, blanc ou beur.

Cédric PAVERGNE

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SOYONS HUMAINS

                                                                                        

Soyons humain, aujourd’hui et demain
Mettons la main dans la main
Aujourd’hui il y a des êtres humains qui meurent de faim
Tendons la main aux pauvres avec un morceau de pain
Soyons humains, aujourd’hui et demain
Il y a sur Terre des enfants, des pères et des mères qui vivent la misère
Ceux qui vivent très bien disent que la vie est belle
Et les misérables fouillent les poubelles
Soyons humains, aujourd’hui et demain
Aidons les pauvres sur terre à vaincre la misère
La Terre et ronde et des mains se tendent
Pour manger, se soigner
C’est tout ce à quoi ils prétendent
Soyons humains aujourd’hui et demain
Pour être solidaire contre la misère et la faim
Pour changer la situation d’aujourd’hui et celle de demain
Aidons les pauvres, les malades et les orphelins

Soyons humains aujourd’hui et demain
L’Abbé Pierre a posé la première pierre
Laissant derrière lui des associations qui font le mieux pour vaincre la misère
Il y a le jour et la nuit, dire bonjour et bonne nuit
Vivre aujourd’hui, souhaitant pour demain… et puis …
Soyons humains aujourd’hui et demain
Pour combattre la misère sur la Terre
Pour aider les pauvres enfants, mères et pères
Soyons humains aujourd’hui et demain
Heureusement que personne ne tient la vie en main
Heureusement que nous traversons tous un court chemin
Nous vivons aujourd’hui mais les secrets de notre destin
C’est prévu pour demain
Soyons humains aujourd’hui et demain
Ensemble tendons la main
A tous ceux qui vivent la misère
Ils doivent savoir qu’il y a des gens qui pensent à eux
Des bénévoles qui font tout pour les rendre heureux
La main d’un généreux, c’est la clef du bonheur pour un malheureux
Soyons humains aujourd’hui et demain.

Toufik KABHOUZ

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AMITIE

L’amitié 
C’est quoi l’amitié ?
D’abord, un petit mot français,
Court, plein de charme et de gaîté…
Un petit mot léger,
Simple et discret…
Un petit mot sans prétention,
Qui vaut tous les millions…
Un petit mot, qui peut,  pourtant,
Réunir des gens,
Parfois très différents…
Un mot tout petit,
Tendre et joli,
Mais capable, pourtant,
De faire, tant et tant !
Petit par sa longueur,
Mais, immense, par sa valeur,
Si fort malgré sa petitesse,
Il chasse toute la tristesse
Que certains ont dans les yeux…
Il soulage les plus grandes peines
Aide, et console les malheureux
Malgré les horreurs et les haines
Qui s’abattent, parfois, sur eux…
En direct,
Ou par internet,
Il rassemble ceux,
Qui, seuls chez eux,
N’ont que l’isolement,
La solitude et l’éloignement,
Pour unique compagnie…
Il fait rejoindre, aussi,
Par son grand cœur,
Gens des villes, des campagnes ou d’ailleurs…
Un joli mot pareil,
Semblant béni des Dieux,
Est une vraie merveille,
Pour donner, aux pauvres mortels, la paix du cœur
Et le bonheur
L’AMITIE,  petit mot si important
Par sa vertu et ses actions,
Auprès des gens
De tous lieux et tous horizons,

SI TU N’EXISTAIS PAS
 JE T’INVENTERAIS,  CROIS MOI !

Rose EMPEREUR

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